un combat contre l’excision et le mariage forcé

Le Docteur Pierre Duterte, fondateur de l’association PARCOURS D’EXIL, centre de soins aux torturés, reçoit depuis de nombreuses années à Paris des femmes excisées, demanderesses d’asile. Il leur a proposé de se réunir en un groupe de parole dans ses locaux. Ensemble, elles ont créé l’association SOS Africaines en danger.

Par Danielle Mérian, présidente de SOS Africaines en danger

Elles sont aujourd’hui 44 à se réunir une fois par mois pour ce groupe de parole où elles échangent sur les crimes subis : l’excision et le mariage forçé, et surtout sur la réparation de leur corps. Jusqu’alors perdues en région parisienne, après avoir fui leurs villages, elles ont découvert qu’elles n’étaient pas seules. Elles ont pu devenir amies, d’autant qu’elles sont presque toutes Guinéennes, d’ethnie peuhle. Celles qui sont réparées invitant les autres à ne pas craindre de solliciter cette opération qui leur change la vie, auprès du Docteur Pierre Foldes à Saint-Germain-en-Laye.

Fatoumata Binta DIOP, trésorière de l’association SOS Africaines en danger

(Fatoumata Binta DIOP, trésorière de l’association SOS Africaines en danger)

C’est comme administrateur de Parcours d’Exil que j’ai appris en juin 2013 lors de notre assemblée générale que leur dynamisme les portait à créer une association, SOS Africaines en Danger, dont elles s’apprêtaient à déposer les statuts à la Préfecture. Juriste, je leur ai proposé de les aider pour finaliser les statuts et comme aucune d’elles n’avait encore obtenu ses papiers au 4e trimestre 2013, j’ai accepté provisoirement de devenir leur présidente. L’objet de l’association, aujourd’hui déclarée, est l’abolition universelle de l’excision et du mariage forcé.

Partage d’experiences

Nous nous réunissons une fois par mois et nous invitons des personnalités à venir nous parler de leur propre combat contre l’excision. En novembre 2013 nous avons reçu Elisabeth Wilson et Holger Postulart, animateurs de l’Alliance Globale contre les Mutilations Génitales Féminines, qui ont obtenu la création d’une chaire universitaire pour enseigner l’excision et sa réparation. Et notre trésorière, Fatoumata Binta Diop, s’est rendue à Genève, le 7 février 2014, pour témoigner au colloque international qu’ils organisent. En décembre 2013 nous avons reçu Louis Guinamard, coordinateur d’Excision, parlons-en ! qui a présenté différents modes d’actio et montré l’intérêt de mutualiser les efforts. En janvier 2014, nous avons reçu Maître Linda Weil-Curiel qui nous a parlé de l’activité de la CAMS (Commission pour l’abolition des mutilations sexuelles). Ainsi notre petite association avance dans ses connaissances et ses objectifs. Nous allons prochainement aider une assistante sociale de Limoges à créer un groupe de parole dans un Centre d’accueil des demandeurs d’asile (Cada). Nous avons été plusieurs à participer le 6 février 2014 au colloque « Excision, les défis de l’abandon » où nous avons pu rencontrer d’autres personnalités.

2 comments

  1. je ne comprends pas ces pratiques de l’excision, d’un autre temps. Toujours le pouvoir des hommes sur les femmes et même sur les enfants. Pourquoi enlever ce qui pourrait n’être que plaisir. C’est grâce aux femmes que les hommes prennent le leur. Et puis quelles douleurs, quelles humiliations toutes leurs vie de femme. Mesdames, je suis de tout coeur avec vous. Je dénonce ces pratiques, les barbaries en général. Que puisse faire, moi homme qui aiment regarder la grâce et la beauté que vous êtes ? Femmes, résistez.
    Bien amicalement.

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